LUNDI 15 mars: Salut à tous! Juste quelques lignes pour vous donner quelques news quant aux aventures de Nùsa Dùa et ses futures navigations. Nous sommes mouillés dans la baie du Marin au sud de la Martinique depuis une semaine pour éffectuer les diverses petites réparations nécessaires pour rappeler au capitaine et son équipage que la vie sur un bateau est souvent beaucoup plus onéreuse qu'ils ne l'avaient imaginée avant leur départ, et qu'elle est tout, sauf de tout repos... Alors ce sont de multiples aller-retours entre le bateau et les divers chantiers nautiques, parce qu'il manque toujours un écrou ou une petite vis pour réparer tel ou tel pièce du guindeau ou du winch, ou tout simplement pour racheter une clef de douze parce la dernière est tombée malencontreusement à l'eau. Passionnant me direz vous, n'est- ce pas ? Et puis il y a l'achat d'une éolienne amovible qui est venu seconder le travail des panneaux solaires, complétant ainsi l'équipement de Nùsa Dùa. Vous savez tous ce que c'est qu'une éolienne, alors laissez moi vous raconter une petite anecdote...
Il est 12h13 lorsque, alors que j'erre dans le rayon "matériel d'occasion" des puces nautiques, mon regard se pose sur l'objet de mes rêves (du moment): une éolienne !!!! La peinture écaillée de l'objet et la poussière qui recouvre le nom de la marque me font tout de suite comprendre que je tiens entre les mains un véritable "collector". "Combien" ? demandais-je au vendeur en arborant mon sourire numéro douze ( douze parce que je venais juste de perdre la clef). "Allez, 1000 francs" ! me répondit l'homme sensible au numéro... Et me voilà reparti en annexe direction Nùsa Dùa avec sur les genoux ma nouvelle acquisition !
"Qu'est -ce que tu t'es encore acheté comme jouet ?" me lança Mathilde en me voyant approcher du bateau. "Attends, tu vas voir, c'est génial, avec ça, plus besoin de faire tourner les moteurs pour recharger les batteries !"...
Bon, jusque là tout va bien.... Alors on installe l'éolienne sur une drisse en tendant des cordes un peu partout pour qu'elle reste assez élevée et éloignée du mat (c'est dangereux ces p'tites bêtes), deux trois soudures et un long file pour la relier à mon pack de batterie, et voilà nos regards qui se portent vers l'hélice qui se met à tourner aussitôt. Seulement voilà, alors que je contemple avec émerveillement l'objet de mes futurs soucis tournoyer au dessus de ma tête, Mathilde - qui a entre nous soit-dit un sens de l'observation particulièrement développé - me fait gentiment remarquer qu'il n'y a absolument pas de vent, que les bateaux autour de nous ont tous leur éolienne figée, et que par conséquent il n'est pas du tout logique que nous ayons la seul hélice de la Martinique à tourner sans vent...
"Oui" - dis -je - "Effectivement, je dois reconnaître que tu as raison " (Mathilde a toujours raison)...
Aprés maintes réflexions, (environ 12 secondes) j' en arrivais à cette évidence: "ce sont les batteries du bateau qui faisait tourner l'éolienne et non pas le vent".
Après un petit tour chez l'électricien du coin, j'ai appris qu'il me manquait juste une petite diode entre les batteries et l'éolienne pour éviter ce petit incident...
Et voilà, on en apprend tous les jours et à l'heure où je vous écris "Lucienne" (c'est le nom qu'on lui a donné) tourne à vive allure, fournissant une charge suffisante pour alimenter nos batteries sans avoir à faire tourner nos moteurs, car il faut le reconnaître, nos panneaux solaires n'étaient pas suffisants....
Voilà pour l'anecdote... Dans une semaine nous accueillons les parents de Mathilde qui resteront avec nous une douzaine de jours aux Grenadines, avant que nous continuions vers le Venezuela, la Colombie, Panama et le Costarica...
Ca fait rêver non ?
El capitano