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SAMEDI 26 Janv: Nous sommes ancrés dans le mouillage de Corosole, à l'est de l'île de Saint Barthélemy, au nord de l'archipel des caraïbes.... Oui c'est vrai, nous n'avons pas donné beaucoup de nouvelles ces derniers jours mais à notre décharge, nous avons pas mal navigué ces derniers temps (loin des connexions internet) en parcourant en 15 jours un peu plus de 400 milles . Nous avons quitté les îles Grenadines le 14 janvier après avoir embarqué à Mayereau une quinzaine de passagers anglais pour un "day-charter". Tout s'est très bien déroulé malgré mes craintes car je n'avais jamais embarqué autant de personnes sur Nùsa Dùa.  Après avoir servi un p'tit punch de bienvenu (à base de rhum et de jus de Goyave), nous avons mis les voiles vers les Tobago cays . 45 minutes de navigation pendant les quelles vous priez pour que personne ne tombe à l'eau ou ne se fasse mal.... Mouillage devant la petite île de "Rameau" et tout le monde débarque à la nage pour faire trempette, et ce, pendant deux heures. Un peu de blabla pour intéresser nos anglais : "You see zi island over zère ? " dis-je en pointant du doigt l'îlot de "Petit Tabac".
Tout le monde:  "Yes we see it !"
Moi: "Zis is zi island of Johny Depp" in ze mouvie "Pirates des Caraïbes" !
Eux : "Wahouuuu" !
Moi : "Bioutifoul, izeun tit !!!
Eux : "Yes bioutifoul ! "
Et tout le monde repart heureux vers la  case départ sur l'île de Mayereau des images et des photos plein la tête. Ouf ! Personne ne s'est fait mal, mieux encore, ils ont passé une après midi inoubliable et en compagnie des pirates.
De notre côté nous avons mis le cap vers l'île Moustique que nous avons visitée à pied pendant une journée. Non, nous n'avons croisé ni Mick Jagger, ni David Bowie ou la reine d'Angleterre, mais nous avons été conquis par la beauté et le charme de cette petite île entretenue comme un jardin à l'anglaise. Nous n'avons pas oublié de passer par "the cotton house", ancienne plantation de coton transformée en hôtel de luxe pour milliardaires ( 2000 $ la nuit) .
Retour en Martinique en nous arrêtant à Béquia une journée pour faire la clearance, puis à Marigot Bay à St Lucie.
3 jours ont été nécessaires pour que nous puissions venir à bout du moteur du guindeau (celui qui sert à remonter l'ancre) dont l'une des pièces vitales avait rendu l'âme durant la dernière remontée. Cela consiste à rester plié en deux, le corps à moitié rentré dans le puits d'ancre pour déboulonner, couper les 12 files de couleurs différentes (façon arme fatale au moment du désamorçage de la bombe) et à inventer toute sorte de nouvelles grossièretés pour se donner du cœur à l'ouvrage. Je vous évite le récit du "comment avons nous fait pour ouvrir le moteur, changer la pièce défectueuse,  remonter les boulons et ressoudé les files", si vous êtes vraiment intéressés, vous n'avez qu'à voir le dernier film de Tom Cruise: 'Mission impossible".
Après avoir avitaillé Nùsa Dùa, nous avons mis le cap au nord, direction la Dominique, les Saintes, et la Désirade, petit cailloux isolé à l'est de la Guadeloupe.
Certains d'entre vous penserons :"Mais pourquoi aller sur ce petit cailloux ?" ( d'autres pas). Et bien tout simplement, pour aller voir des amis de Rémy qui ont décidé de se la couler douce depuis quelques années. Cette île est totalement évitée par les touristes et les bateaux car seuls les voiliers calant moins d'un mètre de tirant d'eau peuvent accéder à marée haute à son petit port naturel (Dérives relevées, Nùsa Dùa cale 60 centimètres). Nous avons été reçu royalement comme des héros venant de traverser l'atlantique. Avec Mathilde, nous avons profité de ces trois jours pour surfer la petite barrière de corail à l'entrée du port. Une très jolie droite d'environ un mètre cinquante avec personne pour vous prendre la priorité sur la vague. Et puis comme notre devise est d'essayer de repartir quand le moment est le plus fort (on a ainsi que des bons souvenirs), nous avons hissé la grande voile et déroulé le gennaker pour une navigation de nuit direction St Barthélemy. 23 heures au cap 340 à une vitesse moyenne de 8 nœuds, avec un petit incident pour vous rappeler que vous êtes des aventuriers.  Il était cinq heures du matin quand j'ai dû plonger avec ma torche et mon couteau de chasse sous-marine pour nous libérer d'un filet de pêche dans lequel le safran bâbord s'était pris. Je vous assure que lorsque vous vous mettez ainsi à l'eau dans le noir en pleine mer, vous ne pouvez éviter de penser au film de Spielberg : "Les dents de la mer"...
St Barth est vraiment le St Trop des Caraïbes et nous allons quitter cette île (néanmoins magnifique) ce soir pour rejoindre St Martin où Rémy prendra un avion demain pour rejoindre Paris ... On est tous tristes de son départ mais comme dit la chanson :"ce n'est qu'un au revoir p'tit frère ..."
  
El Capitano
  
Ecole de MOUSTIC
Rémy à Cotton House
La Désirade
en route pour Les SAINTES
MARDI 3 février: Depuis plusieurs jours Nùsa Dùa traine un peu entre Saint-Martin, Anguila, St Barthélemy où Pierre a rencontré un amie, la soeur de Yannick Noah installée sur l'île, et peintre ce qui a immédiatement créé des liens avec Mathilde également peintre. Et puis Samedi sont arrivés de La Rochelle, Fabienne,  la soeur de Pierre et son fils Shannon 13 ans. Quelle joie pour Pierre d'aller surfer avec son neveu lui aussi accro de surf. Ils sont restés mouillés à Grand-Case et à Orient-Bay dérrière la langue de sable blanc de l'îlet Pinel où se trouvent deux restau-langoustes à choisir dans les casiers.... En principe ce soir ils lèvent l'ancre pour la Martinique...via les Saintes et La Guadeloupe etc...                 J-C C